Rapport Bessière = le projet

II-1 L’état des lieux

La décision prise au plan national d’engager une mission d’étude a été motivée par :
 - l’ambiance très dégradée au sein du site, née d’une cohabitation mal réglée et héritée de la séparation intervenue en 2005 entre l’établissement scolaire et le C.N.E.A. Le passage d’une unité à une dualité de commandement a progressivement aiguisé les tensions. Les séparations opérées sur les plans patrimonial, et statutaire pour les personnels ouvriers et de service, ont ajouté à la confusion au sein d’un ensemble resté physiquement très imbriqué. Dés lors, les intérêts particuliers de chacune des structures n’ont pas manqué de l’emporter sur l’intérêt général d’un site devenu le champ clos de graves querelles intestines. Ces tensions ont progressivement éclaté au grand jour, à grand renfort médiatique et n’ont pas manqué de perturber les équilibres institutionnels avant de troubler sérieusement l’ensemble de l’environnement du site,
- la nécessité de conduire une réflexion globale, partagée et prospective, relative au devenir du site, après plusieurs décennies de rapports, d’études et de notes multiples le jugeant à l’unanimité du plus grand intérêt mais d’une redoutable complexité, et plusieurs menaces de fermeture,
- la fréquentation assez faible des fédérations, en dépit, d’une part des avantages qu’offre le site du point de vue de l’entraînement sportif de haut niveau (équipements, conditions climatiques, offre d’enseignement supérieur, unité de lieux pour la conduite du double projet), et d’autre part de sa vocation de  service public,
- le vieillissement des infrastructures, certaines n’étant d’ailleurs plus aux normes, et la qualité très moyenne de l’hébergement même si  l’Etat a correctement assuré ses obligations de propriétaire ,
- la double volonté de l’Etat, de tenir son rang et d’engager une véritable coopération  avec les acteurs du dossier, et notamment avec les collectivités territoriales, au service d’un projet d’intérêt général.
 
Le lancement de la mission et les premières consultations réalisées avec les  partenaires du dossier ont permis de dégager les constats généraux suivants :
 
- en offrant en altitude, pour la préparation des sportifs de haut niveau, une unité de lieux sportive, scolaire et universitaire, au sein d’un environnement climatique et géographique d’exception, le site de Font-Romeu présente des caractéristiques uniques au monde. Il dispose d’un fort potentiel de développement,
- les interlocuteurs issus des différentes composantes du site ont manifesté d’emblée, de façon unanime, souvent avec enthousiasme, une forte volonté de participer à la définition partagée  d’un projet d’avenir,
- l’avenir du site sportif est apparu  indissociable d’une réflexion relative aux relations entre les trois institutions, scolaire, universitaire et sportive présentes sur les lieux,
- l’idée d’installer, entre les trois établissements, une coordination régulière et confiante s’est rapidement imposée, avec la perspective de définir et de construire, par une mutualisation d’image et de moyens, la « cité de l’excellence sportive, de l’éducation et de la formation » qui existait de fait.
 
Cette approche intégrée a également conduit à s’interroger sur :
 
                    - l’adéquation entre le statut d’établissement public national à caractère administratif du C.N.E.A et ses missions spécifiques axées, pour l’essentiel, sur la préparation en altitude de sportifs de haut niveau en stages occasionnels,
                    - les relations à établir dans le cadre du réseau national de l’excellence sportive avec le CREPS de Montpellier, compte tenu de son éloignement géographique, ou encore avec l’INSEP, tête de réseau et  centre ressources des CREPS et établissements nationaux du ministère des sports, sinon sur le plan organique, du moins thématique,
                    - les relations à établir avec les fédérations sportives pour l’implantation de nouvelles structures relevant des parcours d’excellence sportive et l’utilisation effective et future du CNEA dans la préparation des équipes de France.
 
Elle a aussi mis en évidence l’intérêt de définir un principe d’identité fédérateur et commun à l’ensemble des acteurs autour de trois déterminants géographiques : l’altitude, le climat et l’environnement et d’une dénomination : « Font-Romeu - Sud de France ».
 
Les travaux des groupes thématiques ont permis de réaliser un état des lieux sectoriel des principaux domaines suivants :
 
Patrimoine : la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et aux responsabilités locales a transféré au Conseil Régional le lycée d’Etat, et au Conseil Général des Pyrénées-Orientales, le collège d’Etat de Font-Romeu.
Les deux collectivités ont conclu le 28 juin 2006, une convention cadre qui porte création de la cité mixte scolaire et désigne le Conseil Régional en tant que collectivité de rattachement.
Le plan parcellaire et la division volumétrique des parcelles cadastrées ont été signés bien plus tard, en 2010.
 
Pour l’essentiel, l’examen  de ce  dossier a fait apparaître :
- une répartition parcellaire peu avantageuse pour le site sportif, propriété du ministère des sports,
- une répartition volumétrique illogique, source de confusions dans les déplacements et les circulations de publics souvent très  différents,
- un ensemble d’installations sportives nombreuses, diverses, conçues pour le sport de haut niveau et offrant une unité de lieux,
- l’obligation de sécuriser le site,
- une nécessaire mise en conformité et rénovation de nombreux bâtiments, d’ailleurs prise en compte dans le cadre des programmations en cours par le ministère des sports,
- des besoins en installations nouvelles destinées à moderniser le site et à le projeter dans son avenir,
- la nécessité de recourir à un bureau d’études spécialisé afin de procéder à un audit de patrimoine.
 
L’accessibilité des personnes en situation de handicap devra être  prise en compte sur la base du même service pour tous, en application de la loi du 11 février 2005.
 
Coopérations institutionnelles : la présence dans un même périmètre en zone de moyenne montagne de trois établissements à caractère sportif, scolaire et universitaire, constitue, à priori, un formidable atout pour la mise en œuvre du double projet en faveur des populations de sportif de haut niveau.
 
Cette configuration, unique en son genre, a pourtant généré de multiples tensions et un cloisonnement entre les structures alors même qu’elle devrait permettre d’étroites coopérations.
L’éloignement géographique des grands pôles de proximité (Toulouse, Montpellier, Barcelone, Perpignan), les contraintes liées aux déplacements en zone de montagne, la faible densité démographique du plateau cerdan ainsi que la possibilité de conjuguer « in situ » sport, éducation et formation, plaident  en faveur d’un renforcement des synergies entre les acteurs, à l’opposé du repli constaté de chaque structure sur ses problématiques spécifiques.
 
Les logiques financières, patrimoniales, humaines et de projet s’en sont trouvées morcelées, sans articulation, parfois en opposition et rarement inscrites dans le sens de l’intérêt général.
 
Les difficultés de fonctionnement rencontrées, les tensions et oppositions constatées résultent de coopérations mal réglées ou laissées à l’appréciation des acteurs locaux.
 
Enfin, le sentiment d’appartenance à un site renommé est apparu  peu développé chez les personnels parfois démotivés, certains contributeurs parlant même d’échec, et c’est bien ce sentiment de fierté, adossé à un projet partagé dans le cadre d’une communauté de destin qu’il convient de réaffirmer.
 
Préparation des sportifs de haut niveau : ce secteur est actuellement insuffisamment pris en compte dans les principaux domaines du médical, de la diététique, de la récupération, de la préparation physique et psychologique et du suivi scolaire.
Ce constat ne remet nullement en cause l’excellente qualité du service médical, mais bien l’insuffisance des locaux, du matériel et des moyens humains, compte tenu de la spécificité du site et de l’importance considérable du suivi médical dans les préparations en altitude.
 Des secteurs tels que l’analyse, l’étude et l’amélioration de la performance par la vidéo et la recherche ne sont pas exploités.
 
 
Economie sportive et touristique territoriale : l'attractivité du site sportif  pourrait en faire un outil majeur de développement de son territoire. Ce n’est guère le cas, et le site malgré sa qualité et la richesse de son patrimoine a été placé, ces dernières années, dans une sorte « d’extra- territorialité » par rapport notamment aux institutions implantées dans l’environnement local :
            -  le mouvement sportif de la région (CROS, CDOS, Ligues et comités, clubs) et les sportifs locaux, autres que les pensionnaires, n’utilisent le site qu’accessoirement,
            - la vocation première de l'établissement, dédiée à l'excellence sportive, conduit à la présence constamment renouvelée de stagiaires sportifs de haut niveau. Il en découle des conditions d'accueil du public assez limitées. Aucun  équipement n'est ouvert au plus grand nombre,
            - de même, les manifestations sportives, qui y étaient organisées naguère, ont disparu et l'intégration des potentialités sportives de l'établissement (accueil et stages grand public) dans une valorisation touristique de la Cerdagne et du Capcir est inexistante,
            -  aucune signalétique locale ne le met en valeur,
            - l'organisation des déplacements et des transports collectifs mérite une meilleure attention dans ce canton montagnard difficilement accessible, où les lieux de vie et d'animation sont éparpillés,
            -  les échanges transfrontaliers, quasi inexistants, sont à construire et à structurer,
            -  le manque d'une structure de concertation, reconnue par tous, se fait sentir.
 
Offre de pratiques sportives : exceptionnel pour ses caractéristiques géographiques, le site de Font-Romeu l’est aussi pour la présence d’équipements spécialisés regroupés en un même lieu. 
 
Certaines disciplines sont « historiques », telles que la natation, le pentathlon moderne, la lutte, le ski (alpin et nordique), d’autres sont très récentes, comme le short-track.
 
Les installations dédiées doivent répondre aux exigences des disciplines sportives en termes notamment, de surface, de pratique, de rendement, de sécurité, voire de prestige.
 
La présence de pôles permanents reconnus par les fédérations est un gage d’excellence et de savoir-faire.
 
L’existence en amont de chaque pôle d’une section sportive au sein de l’établissement scolaire, à l’exception du short-track, s’inscrit dans une démarche de filière d’accès au sport de haut niveau. Compte tenu du contexte local et de la configuration institutionnelle très particulière du site, associant une cité scolaire à dominante sportive à un CREPS, il est certainement important de valoriser ce vivier unique, même si les compétences du ministère des sports se limitent aux pôles permanents.
 
L’objectif principal doit d’ailleurs être de consolider les pôles permanents, le « continuum sportif » et l’accueil de stages occasionnels autour de la notion de pôles ressources, afin de proposer une offre sportive de qualité, source de plus value et de notoriété dans les domaines de prédilection du site : disciplines aquatiques, athlétiques, de vitesse, de combat, handisport, sports collectifs et sports de montagne, avec comme spécialité transversale la préparation physique.
 
Formations et recherche : mis à part un tronc commun montagne, et une préformation dans le cadre du brevet d’Etat de Ski Alpin, il n’y a pas d’actions de formation aux métiers du sport et de l’animation à Font-Romeu. Il est vrai que le site de Montpellier concentre avec succès l’essentiel des efforts dans ce domaine et que d’un point de vue historique, le service associé de formation de la direction départementale de la jeunesse et des sports des Pyrénées-Orientales a toujours témoigné d’une grande activité dans ce domaine.
 
La présence à Font-Romeu de nombreux sportifs de haut niveau en préparation permanente est pourtant un élément favorable à la mise en œuvre d’une politique de formation orientée vers le double projet, l’insertion et la reconversion professionnelle.
 
La richesse et la diversité du milieu naturel constituent une invitation à proposer des formations dans les domaines de la pleine nature et du développement durable.
 
La spécificité géographique du site, son microclimat ensoleillé, générateur d’apport en matière de métabolisme aérobie dans l’entraînement,  attire un grand nombre de sportifs de tout niveau, tant dans la recherche de performance que de bien être et de loisirs.
 
Le développement touristique en matière de sports d’hiver et d’activités estivales de montagne doit  sensibiliser à la présence d’un marché de l’emploi engendré par l’afflux saisonnier de pratiquants à recevoir et à encadrer.
 
La proximité de l’Espagne et du bassin Méditerranéen sont des atouts majeurs qu’il convient d’intégrer à la réflexion.
 
L’offre de formation du lycée est limitée par l’absence de formations professionnelles qui sont un besoin pour certaines catégories d’athlètes et certaines disciplines (lutte par exemple).
 
La formation assistée à distance (FOAD) s’impose tout particulièrement à Font-Romeu, compte tenu des caractéristiques du lieu.
 
L’évolution des méthodes d’enseignement et d’organisation du temps scolaire sont des priorités pour garantir la réussite du projet scolaire mais surtout favoriser l’accès vers l’excellence sportive avec sérénité.
 
En matière de recherche, un laboratoire « Performance-Santé-Altitude » du département des STAPS, a été labellisé en janvier 2011 par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, pour une durée de 4 ans.
 
L’équipe de l’Université de Perpignan  « Sport Santé Altitude » est déjà implantée sur le site de Font-Romeu et bénéficie d’un plateau technique qui permet une autonomie de fonctionnement pour  la recherche en physiologie de l’exercice (nouveau locaux en septembre 2011).
 
Il convient d’ajouter la présence d’un département de médecine du sport du CREPS.
 
L’implantation d’un centre de formation et de recherche mutualisé entre les trois établissements du site est à prévoir.
 
Information et communication : de nets progrès sont à accomplir dans ce domaine essentiel. L’information et la communication sont quasi- inexistantes au sein du site sportif ainsi qu’entre les établissements. Le site internet est à reprendre entièrement dans la forme et dans le fond.
Il n’existe pas de service dédié à ce secteur et la politique de marketing et de commercialisation est à concevoir entièrement.
 
Effectifs : les personnels du site sportif sont particulièrement méritants. Les effectifs, aujourd’hui très insuffisants, devront correspondre aux besoins pour faire face aux enjeux de demain. Dans un environnement budgétaire de plus en plus contraint et encadré par les plafonds d’emplois, il conviendra de prévoir de nouveaux modes de coopération avec le secteur privé afin d’accompagner, par l’externalisation de certaines fonctions, le développement attendu et la hausse de fréquentation du site.
 
Situation financière : le budget du site se situe autour de 1,5 M€. S’y ajoute la rémunération des personnels assurée par le ministère des sports. Les jeunes sportifs de haut niveau scolarisés au collège et au lycée sont hébergés dans les dortoirs de l’établissement. La présence d’un hébergement propriété du ministère des sports, entièrement disponible pour l’accueil de stages, garantit en principe une situation financière confortable, ce qui ne sera vraisemblablement pas le cas durant les opérations de mise aux normes et de rénovation complète de cet équipement qui devrait s’étaler sur plus de six mois.


II-2 Les fondements du projet

La définition d’un véritable projet de modernisation du site est conditionnée par deux exigences fondamentales :
 - l’exposé et la faisabilité d’un cahier des charges présentant les conditions à remplir pour tirer bénéfice, en tant que sportif de haut niveau, de l’entraînement en moyenne altitude.
- la mise en œuvre d’un processus progressif de coopération entre les institutions compte tenu des caractéristiques d’un site « in solidum ».

II-2-1 Une étude doctrinale de type médical relative aux conditions de l’entraînement sportif en moyenne altitude

scientifiques françaises et internationales ont montré les bénéfices de la préparation en altitude pour l’amélioration du potentiel de performance lors du retour en plaine, la question reste vivement discutée. Certaines conclusions sont indiscutables, d’autres sont encore débattues.
 
Il était donc essentiel de clarifier ce dossier compte tenu des caractéristiques géographiques de Font- Romeu, en moyenne altitude, et d’en faire un préalable puis le premier fondement du projet de modernisation.
 
La contribution proposée par le Professeur Charles Yannick Guezennec, médecin du sport de réputation internationale éclairent le débat. La connaissance et la maîtrise par l’intéressé de la littérature mondiale consacrée à la question n’est pas contestée.
 
« Pour éclairer ce débat, il faut partir des hypothèses initiales reposant sur les effets physiologiques de l’adaptation à la moyenne altitude. Il est bien établi que l’ensemble des systèmes du transport de l’oxygène depuis l’air ambiant jusqu’à la cellule musculaire s’adaptent pour augmenter l’apport d’oxygène aux différents tissus.
 
Les mécanismes sont :
- une augmentation de la ventilation pulmonaire et du débit cardiaque : la réponse est très rapide dès le début de l’exposition à l’hypoxie d’altitude ;
- une augmentation de la capacité de transport de l’oxygène dans le sang. Il s’agit d’une adaptation structurale qui passe par des modifications qualitatives et quantitatives du sang qui se traduit par une augmentation de la concentration des érythrocytes et de l'hémoglobine. Cette réponse est en grande partie provoquée par une stimulation de la production d’érythropoïétine (EPO). Une exposition à une altitude supérieure à 1600-1800 m est nécessaire pour la stimuler ;
- une augmentation de l’apport et de l’utilisation de l’oxygène au niveau des muscles provoquée par une croissance du réseau capillaire et une modification de la machine énergétique du muscle (nombre et localisation des mitochondries).
 
Ces éléments déjà bien mis en évidence à partir des années 1970, laissaient supposer que ces adaptations pouvaient augmenter la capacité aérobie en altitude et lors du retour en plaine, et ainsi favoriser la performance pour toutes les disciplines sportives pour lesquelles ce paramètre est un déterminant de la performance.
 
Il est parfaitement établi aujourd’hui que ces adaptations se traduisent par une amélioration des performances en altitude.
 
Pour réaliser des performances en altitude, il faut vivre et s’entraîner en altitude.
 
L’autre domaine d’application est la possibilité d’une amélioration des performances au niveau de la mer à l’issue d’un entraînement en altitude.
 
Effets sur les disciplines d’endurance : 
L'hypothèse d'une augmentation de VO2max, consécutive à un stage d'entraînement en altitude, repose principalement sur le fait que ce type de préparation est susceptible d'améliorer la capacité de transport de l'02 du sang. Ce domaine à fait l’objet de nombreux travaux, les résultats sont assez souvent contradictoires. Une revue de questions récentes permet de comprendre la disparité des réponses (Revue de question De Paula 2010). Il existe de grandes différences de méthode entre les études, les points importants à retenir sont :
- elles s’adressent à des sujets de niveaux très différents et il est certain que le bénéfice de l’entraînement en altitude sera influencé par le niveau d’aptitude de départ ;
-  les plans d’entraînement utilisés sont éminemment variables ;
- il est difficile d’obtenir des études avec de vrais groupes contrôles qui suivraient le même entraînement en plaine. Il est très difficile d'avoir à disposition, sur une période de temps longue, un groupe d'athlètes de haut-niveau comparé à un groupe identique qui suivrait le même entraînement au niveau de la mer. Pourtant, l'entraînement en altitude s'adresse en premier lieu à ce type de population ;
- il y a peu d’études qui se sont attachées à définir les conditions optimales d’entraînement en altitude en combinant les effets du travail de la filière aérobie et du développement des qualités de force/vitesse ;
- les différences de réponses individuelles entre les bons et mauvais répondeurs à l’altitude, bien que suspectées, n’ont pas été systématiquement étudiées. Il est important de souligner que les réponses à l'altitude varient considérablement, d'un athlète à l'autre. Il est donc possible que, pour un individu, ce type de préparation aboutisse à des ajustements optimaux dans la période post-stage, de sorte que la performance aérobie soit transitoirement améliorée. Au contraire, chez un autre athlète, l'adaptation ne sera pas compatible avec une amélioration des capacités aérobies.
 
L'entraînement en altitude serait donc bénéfique chez certains sportifs, alors qu'il serait inefficace, voire préjudiciable chez d'autres. Le problème reste de déterminer quels seraient les "bons répondeurs", sachant qu'il n'existe pas d'indicateurs prédictifs fiables :
 
- il faut déterminer précisément les qualités physiologiques mises en jeu par type de discipline. 
 
L'amélioration de la performance éventuellement observée à la suite de l’entraînement en altitude repose sur différents facteurs qui sont, en plus de la capacité aérobie, le rendement, la capacité anaérobie et la force. Des études récentes montrent que toutes ces qualités sont impliquées dans la performance des efforts de longue distance. Il est démontré qu’à capacité aérobie égale, la performance de coureurs de fond est améliorée par le gain de force. La mesure stricte du Vo2 max est dans ce cas insuffisante pour évaluer les capacités. Or ce paramètre est le plus souvent étudié isolément pour apprécier les effets de l’entraînement en altitude. La contribution respective de chacun de ces facteurs varie selon le sport considéré.
 
L'utilisation de l'entraînement en altitude, pour une discipline sportive donnée, ne peut donc être efficace qu'en connaissant l'impact de ce type de préparation sur ces différents facteurs.
 
Pour proposer des améliorations des conditions d’entraînement en altitude il faut souligner les points suivants :
 
Effets sur les disciplines mettant en jeu le métabolisme anaérobie : 
Il semble que l'entraînement en altitude puisse retentir de façon bénéfique sur la capacité anaérobie. En particulier, plusieurs études indiquent une augmentation du pouvoir tampon du muscle  pouvant être associée à une amélioration des performances lors d'un exercice bref et intense. Des investigations supplémentaires sur ce sujet pourraient donc confirmer l'intérêt de l'entraînement en altitude pour les disciplines sportives dans lesquelles la capacité anaérobie joue un rôle primordial (disciplines à efforts brefs et intenses).
 
Effets de l’entraînement en altitude sur le schéma moteur : 
Il est bien démontré que la diminution de la densité de l'air en altitude est susceptible d'améliorer la performance dans certaines disciplines de vitesse, où la résistance de l'air joue un rôle important. C'est le cas des sprints ou des lancers, Ce point souligne que le schéma moteur peut être favorablement influencé par l’entraînement en altitude. A l’inverse, il faut réduire la vitesse d’entraînement dans les disciplines d’endurance, pour conserver la même puissance relative d’entraînement. Ce qui peut entraîner une perte de puissance musculaire mais aussi une perte du schéma moteur pour maintenir une vitesse élevée lors du retour en plaine. Ce point à lui seul peut expliquer l’absence d’effet de l’altitude sur la performance lors du retour en plaine, en dépit d’améliorations physiologiques perceptibles. Il serait indispensable de prévoir des protocoles d’études qui réduisent cet impact par une préparation physique conjointe à l’entraînement aérobie.
 
Conséquences du constat des effets contradictoires de l’entraînement en altitude :  
Le constat d’un effet variable de l’entraînement en altitude a conduit à proposer des méthodes alternatives à l’entraînement lors d’un séjour en moyenne altitude. Afin de conserver des entraînements à puissance élevée et bénéficier des effets physiologiques de l’hypoxie il a été proposé de vivre en altitude et de s’entraîner en bas. Ce procédé a fait l’objet de plusieurs études qui rapportent un effet positif sur la performance. Par ailleurs, l’entraînement intermittent en altitude, en chambre hypobare ou à l’aide de mélange gazeux appauvri en oxygène, a fait l’objet de travaux scientifiques qui ont montré, dans un certain nombre de cas, une amélioration de la performance.
Ces données renforcent le fait que l’exposition à l’hypoxie altitudinale modifie des fonctions physiologiques qui pourront secondairement améliorer la performance. Par contre toutes ces méthodes soulèvent une question d’éthique sportive car elles utilisent des moyens très éloignés de l’entraînement en condition naturelle.
 
Comment optimiser les effets de l’entraînement naturel en moyenne altitude ? 
Les données expérimentales et pratiques acquises depuis le début des entraînements en altitude montrent que plusieurs facteurs sont déterminants de la bonne réponse à ce type d’entraînement :
 
La nutrition : Il est bien établi que le comportement alimentaire est modifié par la haute altitude et que ce facteur est responsable en partie d’une désadaptation musculaire. On peut de façon certaine affirmer que l’entraînement intense en moyenne altitude modifie aussi le comportement et les besoins alimentaires. Moins d’études systématiques ont été réalisées dans ce domaine qui reste une possibilité importante de l’amélioration de la performance. Il est indispensable d’associer le développement d’un centre d’entraînement en altitude avec un suivi nutritionnel adapté.
 
Le sommeil : Il est bien établi que l’hypoxie en soi modifie l’architecture du sommeil. Par ailleurs l’entraînement intense lui aussi peut être responsable de troubles du sommeil. L’ensemble des mesures permettant de suivre et de corriger les troubles du sommeil des athlètes permettront d’améliorer les effets de l’entraînement.
 
La récupération : La plupart des conseils pratiques sur l’entraînement en altitude proposent d’augmenter les temps de récupération, mais en dehors de cette attitude on est surpris du petit nombre d’études qui se sont attachées à la validation des méthodes de récupération en altitude. En 2010, un congrès dans le cadre des entretiens de l’INSEP a permis de faire un point exhaustif et récent sur toutes les méthodes de récupération applicables à un grand nombre d’activités sportives. La question de la récupération lors de l’entraînement en altitude n’a pas été traitée du fait du manque de données objectives disponibles. Ce constat ouvre aussi un champ d’études pour améliorer la performance en altitude.
 
La prévention des infections : Plusieurs travaux convergent pour montrer que l’entraînement intensif augmente le risque d’infections respiratoires banales qui compromettent les effets attendus de ce type d’entraînement. Des solutions semblent possibles pour prévenir ces infections, elles combinent une approche nutritionnelle de récupération et de dépistage précoce.
 
Quelles sont les voies à suivre pour optimiser la performance à l’issue des entraînements en moyenne altitude ? 
Améliorer les méthodes d’entraînement : Améliorer les méthodes d’entraînement en recherchant les meilleurs compromis entre le développement des capacités aérobie et le maintien de la force/vitesse. Des travaux scientifiques récents sont conduits dans de nombreuses disciplines afin de valider les effets des entraînements combinés. Ce type d’entraînement consiste à associer dans une même séance, entraînement en  endurance et en  force. Compte tenu des résultats déjà acquis, ces méthodes pourraient s’appliquer parfaitement à la problématique de l’entraînement en altitude, d’où l’intérêt de rassembler dans une même unité de lieu l’espace de cardio-training, la musculation - haltérophilie et une piste de course pour favoriser les transferts (maintenir le schéma moteur).
 
Améliorer les conditions de vie : Des études menées par des équipes suisses sur la tolérance à la haute altitude (4 000 m) montrent que l’amélioration de la nutrition et du confort de vie réduisent considérablement l’impact négatif de séjours prolongés. Dans la mesure où l’entraînement intensif en moyenne altitude impose un stress hypoxique temporaire proche de celui de la vie en haute altitude, on peut faire l’hypothèse que tous les procédés qui vont améliorer le confort seront déterminants sur le résultat final ».
 
N.B. : cette contribution est utilement complétée par deux notes du même auteur qui figurent dans l’annexe 3. Elles concernent :
- l’alimentation du sportif de haut niveau ;
- l’intérêt d’une offre d’entraînement physique sur une plateforme de haut niveau, dans un but de santé ».


II-2-2 Un processus progressif de coopération institutionnelle

La gestion des établissements présents sur le site de Font Romeu concerne trois ministères (Sports, Education nationale, Universités) et deux collectivités territoriales (Conseil Régional, Conseil Général).
 
La commune d’implantation de Font Romeu est également très concernée, de même que le mouvement sportif en tant qu’utilisateur.
 
La mission confiée au directeur de projet est placée sous le signe de la coopération entre les institutions concernées par le devenir du site sportif de Font Romeu. Elle doit permettre d’apporter des réponses à de nombreuses questions non ou mal réglées.
 
L’existence en pratique, sur un même périmètre, d’une véritable « cité de l’excellence sportive, de l’éducation et de la formation » doit guider la réflexion afin d’envisager une traduction juridique de cette situation de fait.
 Les scénarios de gouvernance découlent de la définition du projet rénové. Ils doivent traduire la volonté politique des institutions en présence.
 L’objectif de coopération est souvent avancé par les institutions concernées comme solution aux problèmes posés ainsi qu’à la mise en œuvre d’un projet rénové et d’avenir.
 En résumé, les attentes sont fortes et le principe de coopération s’impose comme une absolue nécessité.

​II-3 Préconisations

Les propositions qui suivent sont formulées sur la base  d’un diagnostic partagé et en application de fondements qui constituent autant de conditions préalables, jugées nécessaires à la présentation du projet.
 Elles découlent de la double ambition de situer le projet au tout premier rang du réseau national et international de l’excellence sportive et de créer la cité de l’excellence sportive, patrimoine commun des opérateurs locaux.
 Elles concernent :
       - l’environnement et l’accompagnement  des sportifs de haut niveau et des usagers,
       - la mise en oeuvre d’un réseau de soins pour les sportifs de haut niveau
       - la création d’un centre de formation et de recherche,
       - les contributions au développement local,
       - la modernisation des équipements,
       - l’information et la communication.


II-3-1 Accompagner les sportifs de haut niveau 

L’entraînement en moyenne altitude constitue la véritable valeur ajoutée du site de Font Romeu. C’est bien parce qu’il se situe en altitude que des générations d’athlètes de haut niveau viennent s’y entraîner depuis les origines, malgré des conditions d’hébergement jusqu’alors spartiates et un système de restauration très amélioré, mais encore perfectible.
 
Encore convient-il pour optimiser la performance et tirer bénéfice des séjours en altitude, de substituer à l’organisation de stages réalisés « en altitude pour l’altitude », une politique coordonnée et synchronisée  de l’accompagnement de l’athlète.
 
A cet égard, la contribution médicale proposée par le professeur Guezennec, médecin du sport et spécialiste reconnu et respecté des questions d’entraînement sportif en altitude, fournit une remarquable toile de fond au rapport. Elle constitue d’ailleurs l’un des quatre piliers du projet.
 
La finalité des réflexions engagées à propos du devenir du site sportif, consiste à situer l’environnement humain, technique et matériel du sportif de haut niveau, au cœur du projet.
 
En effet, tous les experts consultés considèrent que l’environnement offert au sportif de haut niveau s’avère déterminant lors de sa préparation, en vue de la recherche et de l’accomplissement de la performance sportive.
 
Font-Romeu bénéficie d’un environnement naturel très favorable (cadre, climat, altitude) qu’il convient de promouvoir, de valoriser et de compléter.
 
L’objectif est donc de proposer un accompagnement adapté et individualisé qui apporte des réponses aux besoins du sportif de haut niveau dans les secteurs qui composent son univers sportif (entraînement, médical, récupération, expertise, recherche, préparation physique), scolaire, universitaire et socioprofessionnel.
 
Les réflexions engagées ont consisté à repérer, définir et  situer dans l’espace, les fonctions, les services et les acteurs appelés à composer cet environnement ordonné et coordonné sous la forme d’un département dédié, disposant de locaux et de moyens adaptés à cette exigence.
 
Ø  Ce département situé au cœur des liaisons opérationnelles entre les differents responsables du sport de haut niveau, devra être chargé d’un suivi permanent et d’une mission de veille afin de mettre en œuvre rapidement les solutions les plus adaptées aux exigences de la préparation du sportif de haut niveau.
 
Ø  L’offre de service médicale appréciée « lato sensu » est appelée à constituer l’épine dorsale de ce département.
 
Elle se traduit par la proposition d’un centre d’optimisation de la performance sportive (C.O.P.S) au plus près des installations sportives, comme réponse aux exigences de la recherche de haute performance.
 
L’objectif est de coordonner l’ensemble des unités d’accompagnement concernées afin de créer les conditions de réalisation du projet haut niveau.
 
La consistance et l’estimation financière de ce centre sont présentées dans le rapport d’étape.
 
Implanté au cœur du dispositif sportif, le C.O.P.S, d’une surface de 400 m² pourrait être situé au dessus des installations sportives et regrouper les unités suivantes :
 
- le médical : la réponse à l’entraînement en altitude étant individuelle, des événements comme une fatigue excessive, des troubles du sommeil, des infections respiratoires, peuvent supprimer le bénéfice attendu de l’entraînement en moyenne altitude. Un bilan médical au début de l’entraînement associé à un suivi devra être assuré tout au long du séjour. Des préconisations liées aux méthodes d’entraînement en moyenne altitude viendront compléter l’accompagnement.
 
Le service médical devrait se composer d’une équipe médicale pluridisciplinaire (2 médecins, 1 cardiologue à mi-temps, 1 psychologue du sport, 1 nutritionniste, 2 kinésithérapeutes, 1 infirmière) et d’une équipe de recherche appliquée en lien direct avec le laboratoire de recherche du département STAPS de Font-Romeu.
 
Ces équipes qui existent  à l’état embryonnaire devront fonctionner dans un premier temps à locaux constants, avant la réalisation du C.O.P.S à programmer en 2013.
 
Le projet de mise en place d’un réseau de soins complémentaires entre le futur plateau médical du site sportif, le centre hospitalier de perpignan et l’hôpital européen de Puigcerdá a  fait l’objet d’un avis favorable de principe de l’agence régionale de santé du Languedoc-Roussillon. Sa présentation figure en annexe 3.
               
- la récupération  et la réadaptation fonctionnelle : l’espace de récupération devrait jouxter le service des  soins de kinésithérapie. Placé dans la partie sud de l’établissement, il devra proposer un cadre agréable avec vue panoramique sur la chaîne des Pyrénées et un espace de relaxation. Il sera constitué par l’ensemble des moyens modernes nécessaires à la régénération du potentiel physique et psychologique. Des unités plus réduites devront être intégrées au plus près des espaces d’entraînement des athlètes (salle de lutte, piscine, patinoire) afin d’améliorer la récupération post- exercice. La kinésithérapie associée à la préparation mentale et à la préparation physique, permettra de développer une prise en charge progressive post-traumatique vers une reprise de l’activité sportive de haut niveau.   
       
- la préparation physique : conçue comme une unité d’accompagnement spécifique à l’optimisation des performances sportives, la préparation physique devrait prendre une dimension opérationnelle dans un espace de 400 m², au cœur des installations sportives. Des espaces plus modestes, délocalisés dans des installations spécifiques (piscine, halle couverte) permettront une proximité de préparation en complément des disciplines sportives.
 
L’espace principal, organisé autour du développement et de l’optimisation du potentiel physique des athlètes, devra répondre aux exigences actuelles liées à l’entraînement (diversité de machines à charge libre et guidées, de poulies, d’un espace d’entraînement avec petits engins, de plateaux d’haltérophilie, de couloirs de course de 30 m).
L’accompagnement des athlètes en pôle et en stage dans le domaine de la préparation physique devra être coordonné avec les autres unités d’accompagnement et les entraîneurs.
 
L’accompagnement et l’innovation dans le domaine de l’entraînement  seront assurés par un professeur de sport en charge de la préparation physique.
 
Cette ressource locale prendra une orientation nationale auprès de l’INSEP en identifiant ce personnel comme un « personnel associé » dans le domaine de l’entraînement, de la formation et de la recherche appliquée, liées à la performance sportive.
 
Outre l’accompagnement et le suivi des athlètes en préparation sur le site sportif, la préparation physique devra assurer un rôle de veille dans le domaine de l’optimisation des qualités de l’ensemble des composantes de la force physique. En liaison avec les travaux du Professeur Guezennec, l’optimisation des qualités de force/vitesse lors des stages en altitude constituera une forte dimension  à développer.
 
Le préparateur physique devra lier des rapports très privilégiés avec les fédérations sportives (détection, formation, optimisation, conseils, accompagnement) afin d’apporter une plus value au site et répondre aux questionnements des fédérations dans ce domaine.
 
La relation aux activités de montagne permettra de confronter l’athlète aux exigences physiques et psychologiques d’un engagement total dans un milieu changeant.
                       
- l’expertise en matière de recherche appliquée (en liaison directe avec le département STAPS de Font-Romeu) : l’expertise en matière d’entraînement en altitude devra passer par un approfondissement des connaissances scientifiques relatives à la méthodologie de l’entraînement en altitude.
 
Les études auront pour objectif de définir un cadre d’accompagnement et de suivi des stages en altitude.
 
Il conviendra de parcourir les champs de questionnements actuels relatifs à l’entraînement en hypoxie : pourquoi certains athlètes répondent favorablement et d’autres pas ? N’y a-t-il pas des spécificités physiologiques qui pourraient modifier les mécanismes de la réponse à l’hypoxie ? L’hypoxémie d’exercice, le stress oxydant devront être approfondis.
Au-delà de ces questionnements, il faudra préciser les adaptations musculaires à l’altitude.  Enfin, les questions de veille et de surveillance sur la santé physique et mentale des athlètes évoluant dans le contexte de l’hypoxie sont aussi à considérer.
 
Par ailleurs, l’expertise devra répondre aux questions liées à la pratique de haut niveau en évolution constante. En liaison étroite avec les fédérations et entraîneurs, elle aura pour ambition de répondre aux questionnements visant l’optimisation des performances d’un athlète ou d’un collectif.
 
Dans les domaines de l’expertise et de l’analyse des pratiques, l’analyse vidéo et ses composantes de formation devront être intégrées comme une ressource propre au site sportif.
 
Ø  le suivi scolaire, universitaire et socioprofessionnel est une des composantes essentielles de l’accompagnement du sportif de haut niveau.
 
Il s’agit donc de constituer un service de la vie de l’athlète en charge de l’organisation des temps de formations et d’entraînement. Il aura pour objectif de  coordonner  les actions d’accompagnement scolaire, universitaire et socioprofessionnel dans le projet de vie de l’athlète :
 
- le temps sportif et le temps de formation : le département de la vie de l’athlète devra constituer un lien essentiel entre les différents acteurs impliqués dans le projet de vie du sportif. Lieu identifié et dédié à l’accompagnement des sportifs, il doit permettre de mettre en relation les enseignants, les conseillers pédagogiques d’éducation, les référents « sport de haut niveau des universités » et les responsables des pôles.
 
Une planification à l’année des « temps forts » sportifs et éducatifs permettra une implication coordonnée de l’ensemble des acteurs.
 
La pérennité du continuum devra être assurée entre les sections sportives, au nombre de 13 actuellement, et les pôles permanents. L’accompagnement scolaire des jeunes sportifs des sections sportives  renforcé pour les sportifs de haut niveau en pôles devra constituer une priorité et une spécificité de la « cité de l’excellence sportive, de l’éducation et de la formation ».
 
Un bilan trimestriel du parcours du sportif de haut niveau devra être effectué, en prenant en compte l’ensemble des acteurs de l’accompagnement du projet de vie afin de proposer des aménagements individualisés (tutorats, heures de soutien d’accompagnement obligatoire, suivi psychologique, prévision des déplacements sportifs, aménagement du temps sportif ou scolaire en fonction du profil du jeune) et régler des problèmes d’organisation divers.
 
Au quotidien, le service de la vie de l’athlète prendra en charge des actions spécifiques comme la mise en place en coordination avec les enseignants des heures de tutorat et soutien, l’organisation des déplacements sportifs et rattrapages, la transmission des devoirs, la surveillance de contrôles, l’ accompagnement des élèves sportifs en semaine et le week-end (heures d’études obligatoires, accompagnement individualisé) ainsi que les actions de communication et de mise à jour de l’environnement numérique de travail à l’attention des sportifs, des enseignants, et des entraîneurs.
 
L’identification d’enseignants à profils « haut niveau », en charge de la formation des sportifs est un élément indispensable à la réussite du projet. Elle permettra un meilleur étalement de la scolarité, une meilleure adaptabilité aux profils d’élèves sportifs et le développement de la notion de « coaching scolaire » pour une meilleure prise en charge par l’athlète de son projet de formation.
 
- la gestion du temps libre : le département dédié devra établir de manière individuelle, une organisation du temps libre des élèves sportifs en semaine et le week-end.
 
Une approche méthodique de l’emploi du temps devra permettre à l’athlète de mieux s’organiser dans son double projet et de préserver sa vie sociale et son temps libre.
Il s’agira de définir dans la semaine, les temps obligatoires de travail personnel,  de récupération, de  relaxation et de loisirs.
 
Des moyens humains sont nécessaires au fonctionnement du dispositif. La dimension sportive liée au public de sportifs de haut niveau, associée aux orientations éducatives de l’accompagnement scolaire, universitaire et socio professionnel suggère la création d’un poste à profil de professeur d’EPS mis en responsabilité de ce service. La proximité de l’établissement scolaire et universitaire avec le site sportif, devrait permettre une mutualisation des moyens mis au service de l’accompagnement dans le projet de formation.
 
La qualité du sommeil et de l’alimentation, évoquée dans la contribution médicale, complète très utilement les conditions nécessaires aux bienfaits de l’entraînement sportif en altitude.
 
L’alimentation du sportif de haut niveau en altitude fait l’objet d’une contribution spécifique en annexe 3.


II-3-2 Constituer un réseau de soins pour les sportifs de haut niveau

Le projet de constitution d’un réseau de soins en médecine du sport au bénéfice des sportifs de haut niveau, entre l’hôpital européen de Puigcerdá, situé à la frontière espagnole, le centre hospitalier de Perpignan et le plateau médical du CNEA, a été soumis à l’agence régionale de santé (A.R.S) du Languedoc-Roussillon. Il bénéficie à ce stade d’un avis de principe très favorable.
 
Les trois structures, proches les unes des autres, peuvent être complémentaires au service d’un projet commun  en matière de consultation initiale, de diagnostic et de traitement.
 
La mise en réseau devra permettre d’optimiser le fonctionnement des équipements en place et des investissements matériels prévus notamment sur Puigcerdá.
 
Ce réseau soutient l’intérêt  de la création d’un plateau technique de médecine du sport à l’Hôpital de Puigcerdá consacré à l’exploration fonctionnelle, cardio-vasculaire et à l’imagerie. Le fonctionnement de ce plateau technique justifie la présence d’un médecin coordonnateur entre le CNEA de Font-Romeu  et Puigcerdá.
 
Le service d’urgence serait alors impliqué dans le fonctionnement du CNEA  pour la formation des personnels médicaux et l’assistance aux urgences.
 
L’augmentation prévisible de fréquentation du CNEA pourrait être une source de patients pour l’hôpital de Puigcerdá en première intention, puis de Perpignan pour des actes spécialisés en chirurgie orthopédique notamment.
 
Ce réseau pourrait avoir un effet sur la rentabilité de l’ensemble des structures impliquées. Il faudra alors prévoir l’agrément du service médical du CNEA comme centre de santé.
 
Il permettra d’améliorer la qualité des soins pour les sportifs mais aussi pour la population générale. Il est bien démontré que le critère d’excellence développé pour une population sportive se transfère à tous les actes médicaux.
 
Au total, le projet présente un double intérêt économique et technique ainsi que de soutien à la recherche.
 
Le CNEA est historiquement un lieu de recherche sur l’adaptation à l’altitude.
 
Actuellement, ce type de recherche connait un regain d’intérêt pour les sportifs mais aussi dans le cadre du traitement de certaines pathologies (obésité, diabètes de type 2).
Les activités de recherches sont une nécessité pour le département des STAPS de l’université de Perpignan. Ces recherches ne peuvent être réalisées que dans le cadre de la Loi « Huriet » (modifiée «  Jardé » en 2012). Elles ne peuvent s’envisager que dans le cadre de l’agrément global du site avec la participation active des trois structures. La part respective des différents services serait déterminée selon chaque type de protocole : examen des sujets, soutien aux expérimentations, stockage, transport et analyse de prélèvements biologiques.
 
Enfin, pour répondre à une demande du monde sportif mais aussi des professionnels de santé, le réseau de soins pourrait assurer des formations à la pratique de l’activité physique en altitude. Cette demande existe à l’échelon national  (Société savantes, associations de malade, organismes sportifs).
 
Pour respecter le cadre strict de la loi « Huriet » il faut un agrément des lieux et des personnels de santé : le projet a fait l’objet d’un avis favorable de principe de la part de l’ARS.
 
En conclusion, le réseau de soins pourra se développer sous la forme d’un service hospitalier public de médecine du sport avec des unités délocalisées et un fonctionnement  coordonné.

II-3-3 ​Créer un centre de formation et de recherche

Dans son courrier au ministre des sports en date du 26 septembre 2011, le président du conseil régional souhaite « une ouverture, en complément de celles mises en place par le département des STAPS de l’université, de formations nouvelles qui pourraient être proposées aux sportifs résidents locaux et aux habitants de la région, orientées en particulier vers les métiers de la montagne ».
 
Les compétences exercées par la région en matière de formation professionnelle ouvrent de réelles perspectives dans un domaine essentiel du projet de modernisation du site. Le ministère des sports a, de son côté, décidé de créer, à partir de septembre 2012, un poste de professeur de sport dont les activités concerneront ce secteur.
 
L’état des lieux  a permis en effet, de mettre en évidence l’intérêt de créer un centre de formation et de recherche, sinon  commun, du moins coordonné entre trois structures qui composent le site.
 
Les propositions sont formulées au plus près des potentialités et des besoins exprimés localement, dans une logique de parcours individualisés, sectorisés et légitimés :
 
L’analyse effectuée a permis :
 
Ø  de dégager des besoins dans les principales filières de formation :
 -  inhérentes aux activités sportives pratiquées sur le site ;
-  pré-qualifiantes,
-  bi-qualifiantes entre le département des STAPS et le CREPS,
-  bi-qualifiantes liées à la saisonnalité et au contexte professionnalisant local, 
-  scientifiques et médicales spécifiques au contexte de l’altitude.
 
Ø  d’identifier les acteurs : éducation nationale (collège et lycée), université (département des STAPS), CREPS, CFA des métiers du Sport, recherche médicale, services sociaux locaux, chambres consulaires, Office du tourisme, hôteliers locaux, parc naturel régional, stations de ski, fédérations sportives…,
 
Ø  de repérer les publics : élèves-athlètes en recherche d’orientation, en risque de déscolarisation, sportifs de haut niveau, stagiaires de la formation professionnelle du CREPS, apprentis du CFA, étudiants des STAPS, salariés en recherche de bi-qualifications, médecins du sport, entraîneurs, cadres d’entreprises. Cette liste n’est pas limitative.
 
Ø  de concevoir les filières de formations :
 
- formations pré-qualifiantes : mise en place à court terme d’une préparation aux formations qualifiantes en matière de sport et d’animation touristique à partir de la classe de seconde dans la filière STG, à moyen terme, du même processus en s’appuyant sur la filière ARCU (Accueil, relations clients-usagers) et à plus long terme, de nouvelles filières de CAP et de baccalauréats professionnels dans des voies liées aux thèmes « Sport et médias », vente de produits sportifs et dérivés ou des métiers de la montagne,
 
- formations spécifiques aux métiers de la montagne : tronc commun montagne, randonnées, escalade, ski, course d’orientation, vélo tout terrain, opérateur de parcours acrobatique en hauteur. La mise en œuvre de ces formations devra s’exercer en liaison avec l’école nationale des sports de  montagne (E.N.S.M) en considérant que le site de Font Romeu est le seul centre du ministère des sports en altitude, dans le massif pyrénéen,
 
- formations bi-qualifiantes : par l’élaboration de projets de formation aux métiers des sports de montagne ou de loisirs en milieu montagnards, incluant des parcours liés aux métiers du domaine skiable (sécurité des pistes, maintenance des installations, accueil clientèle, travaux à risques en milieu escalade) et adaptés à la saisonnalité des activités ainsi qu’aux exigences linguistiques (langues étrangères et catalan),
 
- formations bi-qualifiantes CREPS/ STAPS :  par la mise en place en place de passerelles et de prérogatives permettant aux étudiants après deux ans d’études en STAPS d’accéder à des compléments de formation via des unités complémentaires ou des certificats de spécialités en particulier dans les domaines de la course d’orientation, de l’accompagnateur en moyenne montagne et des formations à l’escalade utilitaire.
 
La contrepartie pourrait permettre l’accès à des compléments de formation pour des titulaires de brevets d’Etat, de brevets professionnels, voire de diplômes d’Etat (D.E) et de diplômes d’Etat spécialisés (D.E.S) à travers les diplômes universitaires de préparateur physique ou  encore d’analyste vidéo.
 En matière de recherche, un laboratoire « performance- santé -altitude » a été labellisé en janvier 2011 par le Ministère de l’Enseignement Supérieur. Il devrait fournir l’occasion de coopérations poussées en matière de formation médicale.

II-3-4 Contribuer au développement de l’économie sportive et touristique territoriale

Le site sportif  bénéficie d'indéniables atouts pour devenir dans les hauts cantons de Cerdagne et de Capcir, et plus généralement dans la région d’implantation, un point central du sport régional ainsi que de l’économie touristique axée sur l’offre de pratiques d’activités physiques et sportives.
 
Les principales  propositions pour y parvenir sont les suivantes :
 
- faire du site en général et de ses équipements sportifs en particulier, un lieu d’attractivité touristique à part entière,
- créer, en lien avec le futur centre d’optimisation de la performance sportive, un plateau d’évaluation de la forme physique permettant l’accueil de sportifs amateurs, de personnes âgées, de populations touristiques et de personnes atteintes de diabète de type II et d’obésité, dans le cadre des politiques publiques prioritaires dans le domaine sport-santé. Une note est consacrée à ce thème en annexe 3,
- constituer, avec le parc naturel régional, un centre de ressources dédié à l’économie sportive et touristique locale, aux activités de pleine nature et au développement durable,
- créer des liens fonctionnels entre l’économie locale et le site  afin de compléter et de mutualiser les offres d’accueil de sportifs, en commercialisant notamment, des stages d’amélioration de la  condition physique, hébergés dans les hôtels locaux et utilisant les installations du site et son centre médical,
- prendre en compte la problématique des déplacements dans toutes ses composantes (transports en commun, véhicules particuliers, covoiturage, location, stationnement, cyclistes, piétons, signalétique et autres supports de communication),
-  faire du site sportif, le centre de formation de cadres et de préparation sportive de la région Languedoc-Roussillon, pour les entraîneurs et compétiteurs de la région. Après la réalisation de la maison régionale des sports, dédiée aux dirigeants du mouvement sportif, le site de Font-Romeu pourrait offrir un deuxième pôle d’attractivité sportive en devenant la « Maison Régionale des sportifs ».
 
Les partenariats devront être formalisés par des conventions, identifiant dans chaque institution partenaire un correspondant clairement mandaté pour mettre en œuvre des décisions opérationnelles :
- avec le Conseil Régional et le conseil général des Pyrénées-Orientales afin de marquer la spécificité sportive des hauts cantons dans le schéma régional touristique, d’améliorer les conditions d’accès routier et ferroviaire (« train jaune »),
- avec le mouvement sportif de la région et du département des Pyrénées-Orientales pour une politique d’incitation  à la fréquentation du site,
- avec le parc naturel régional dans les domaines des activités de pleine nature et du développement durable,
- avec la commune de Font-Romeu et son Office du Tourisme afin de développer l'activité économique induite par les pratiques sportives, renforcer l'articulation de la pratique sportive dans les installations du site et de la commune, et mettre en place une mutualisation dans les domaines de l’information, de la communication et de la commercialisation,
- avec les collectivités frontalières espagnoles et andorranes afin de promouvoir les échanges sur les lieux de pratique et les centres de ressources multilingues (français, catalan, castillan, anglais...).


II-3-5 Moderniser les installations

Les propositions relatives à la modernisation du patrimoine sont détaillées dans le rapport d’étape. Elles constituent un point fort de l’étude compte tenu de la vocation du site sportif.
 
A ce titre, elles doivent correspondre à des normes de sécurité, de confort et même de prestige. Elles concernent :
- les installations dédiées à l’organisation et au déroulement des séjours et des activités quotidiennes. Cette partie regroupe l’accueil, la restauration, les bureaux administratifs, les formations et deux secteurs aussi sensibles que déterminants, celui des dessertes et des parkings qu’il conviendra de régler de manière coordonnée entre tous les utilisateurs et celui de l’hébergement. La réalisation très avancée d’un programme lourd de mise en conformité externe et interne de la tour permettra de disposer d’un hébergement standard dont la capacité sera malheureusement réduite à 150 lits environ pour des raisons de classement. La construction d’un ensemble hôtelier complémentaire, de niveau supérieur, est de toutes les façons, à prévoir. Il permettra de répondre aux demandes de logement des étudiants sportifs de haut niveau en pôles permanents et des stagiaires en long séjour, dans le respect d’un cahier des charges dont les grandes lignes ont d’ailleurs été établies.
                         
- les installations sportives  intra-muros : la principale nouveauté concerne le projet de création d’un centre d’optimisation de la performance sportive (C.O.P.S), de deux salles spécialisées (sport de combat et escrime), l’aménagement d’un espace moderne dédié à la préparation physique.
La rénovation complète des bassins aquatiques est en cours de réalisation.
 
- les installations sportives extra-muros : sont concernés, la patinoire, le stade d’athlétisme, la piste de roller, le terrain de grand jeu ainsi que les ateliers et magasins de sport.
La principale proposition concerne la réalisation d’une halle couverte de 6 000 m² dédiée à l’athlétisme ainsi qu’à la préparation hivernale des autres disciplines, susceptible d’être programmée dans le prochain contrat de plan, conformément aux termes du protocole d’accord.
 
Dans ce domaine essentiel trois exigences s’imposent :
- la rénovation, et notamment la mise aux normes de sécurité et de confort des installations devenues obsolètes, confrontées à l’usure accélérée du temps en zone de montagne, afin de répondre aux exigences de sécurité et de confort des pratiquants. Très attentif à ce dossier, le ministère des sports remplit  ses obligations de propriétaire avec une remarquable progression de ses efforts financiers depuis 2011, l’objectif étant, en lien avec la mission, d’achever la rénovation complète du site sportif en 2014. Les efforts les plus marquants concernent ou concerneront la rénovation complète de la tour d’hébergement et du bassin aquatique,
 
- la mise en place d’un schéma directeur relatif à la répartition volumétrique des bâtiments et des espaces entre les différentes catégories d’utilisateurs afin de permettre à chaque établissement de disposer d’espaces dédiés, homogènes, fonctionnels et contrôlables.
L’objectif est ici, d’une part, de faciliter l’exercice des missions éducatives spécifiques à chacune des institutions présentes sur le site, et d’autre part, d’envisager un traitement coordonné des parties communes.
 
- la réalisation de nouveaux équipements dans le cadre d’une programmation pluriannuelle, afin de satisfaire les besoins exprimés et ainsi, de propulser le site sportif au premier rang du réseau national et international de l’excellence sportive. La réalisation d’opérations nouvelles a fait l’objet d’une concertation très poussée avec les acteurs locaux ainsi qu’avec les collectivités territoriales et notamment le conseil régional. L’expression des besoins des utilisateurs, français et étrangers, a été sollicitée dans le cadre de l’étude de fréquentation.
 
Les programmations envisagées prévoient, dans un premier temps, la mise en œuvre d’une tranche intermédiaire de travaux, puis le recours à la prochaine génération 2014/2020 du contrat de plan entre l’Etat et la Région.
 
Le protocole d’accord prévoit un principe de cofinancement entre l’Etat et les collectivités territoriales.
 
Des crédits européens seront également mobilisés dans le cadre du FEDER.
 
La complexité et l’importance de ce dossier ont conduit le ministère des sports à doter le CREPS d’un financement afin d’engager un audit de patrimoine. Cet audit a été confié au bureau d’études « C-Energia » dans le cadre d’un marché public. Il se décompose en trois phases :
 
- un audit de conformité et de sécurité des installations,
- un examen de la répartition volumétrique assorti de propositions,
- une aide à la programmation.
 
La synthèse de cet audit figure dans l’annexe 3.


II-3-6 Informer et communiquer

L’information et la communication constituent un élément déterminant de la réussite du projet de modernisation.
 
Les propositions qui structurent ce secteur sont les suivantes :
 
Ø  Elaborer, via un centre de ressources multimédias, une banque de données :
fiche technique sur les athlètes, les parcours, les performances, les objectifs, actualisée au jour le jour,
fiche technique sur l’encadrement, la vie du centre, les nouveautés, l’actualité et les évènements,      Ces données seront associées à une banque d’images pour alimenter :
le site internet et une future Web TV,
la communication des fédérations, des collectivités, des clubs, des partenaires équipementiers, des sponsors principaux et des médias. 
Ø  Faire vivre au quotidien l’information dont la source doit être intarissable car seule l’information suscite l’intérêt. Dans ce domaine, tout doit être évolutif et réactif (blogs ou vidéos reportage, journal interne).
 
Pour la notoriété, il conviendra de soigner l’image de marque :
véhiculer en région, à travers un visuel facilement identifiable, l’image du centre sur les manifestations sportives, salons, festivals et autres initiatives originales,
être présent visuellement et physiquement sur tous les Championnats de France et d’Europe des disciplines dispensées sur le site,
un lien doit être noué sur les sites de toutes les fédérations européennes et françaises ou ligues concernées par l’activité. Il en va de même pour les collectivités des régions Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, Catalogne du Sud et Andorre. 
Ø  Valoriser l’histoire, les acquis et la culture du site afin de le relier à son passé.
 
Ø  Développer la communication  avec les partenaires naturels du site sportif :
·         le collège/lycée par la création d’ un service commun de suivi scolaire et sportif chargé de l’amélioration des conditions de vie, de scolarité et d’entraînement,
·         le département des STAPS pour la mise en œuvre d’un centre commun de formation/recherche,
·         la commune de Font-Romeu et l’Office de tourisme, le département des Pyrénées-Orientales et la Région Languedoc-Roussillon pour faire connaître les actions du site, faire reconnaître ses compétences et  savoir-faire, pour participer aux différents projets de développement sportif et plus particulièrement à ceux concernant le sport de haut niveau, soit comme acteur (structures ressources), soit comme conseiller (conception et mise en œuvre), soit les deux,
·         les médias, en tissant des liens privilégiés avec la presse locale, en utilisant la notoriété de Font-Romeu et en particulier de ses ambassadeurs (Martin Fourcade, Camille Lacourt, Kilian Jornet, etc.), en informant systématiquement par voie de presse des résultats obtenus par les sportifs passés sur le site.
 
Ø  Créer une tenue sportive à l’image du site.
 
Ø  Installer des écrans TV au sein du site pour donner des informations, des résultats.
 
Ø  Promouvoir l’esprit communautaire de partage afin d’engager des projets en synergie.
 
Ø  Développer la notion d’accueil et de service afin d’établir davantage de proximité entre les décideurs, les gestionnaires et les utilisateurs du site sportif et éducatif.
 
La mise en œuvre de ces propositions passera notamment par la création d’un poste de développeur, profil webmaster, sportif de haut niveau en reconversion, bon rédacteur, parlant anglais et ayant une solide formation en audiovisuel afin de contribuer au développement d’une culture sportive de l’excellence et promouvoir l’image du site à l’extérieur.


RECAPITULATIF DES RECOMMANDATIONS


 I) Proposer des réponses adaptées et individualisées aux besoins des sportifs de haut niveau dans les secteurs qui composent leur univers sportif, scolaire, universitaire et socioprofessionnel.

1) créer un département dédié  situé au cœur des liaisons opérationnelles entre les différents responsables du sport de haut niveau, chargé d’un suivi permanent et d’une mission de veille afin de mettre en œuvre rapidement les solutions les plus adaptées aux exigences de la préparation du sportif de haut niveau.
2) réaliser un centre d’optimisation de la performance sportive regroupant le médical, la récupération et la réadaptation fonctionnelle, la préparation physique et l’expertise (C.O.P.S).
3) constituer un service de la vie de l’athlète en charge de l’organisation des temps de formations et d’entraînement ainsi que de la coordination des actions d’accompagnement scolaire, universitaire et socioprofessionnel.
4) mettre en place un plan général de nutrition au bénéfice des sportifs de haut niveau et des élèves.
5)  consolider et améliorer qualitativement les pôles permanents dans le cadre des parcours d’excellence sportive et augmenter de façon significative le volume d’accueil de sportifs de haut niveau en stages occasionnels.

 
II) Constituer un réseau de soins complémentaires entre le C.O.P.S, l’hôpital européen de Puigcerdá et le centre hospitalier de Perpignan au service d’un projet commun  en matière de consultation initiale, de diagnostic et de traitement des sportifs de haut niveau.
        
III)  Créer un centre de formation et de recherche.
                1) concevoir et coordonner l’offre de formation de la cité de l’excellence sportive,
               2) proposer une offre de formation adaptée aux besoins des sportifs de haut niveau,
               3) répondre aux besoins des populations locales dans le domaine des métiers du sport et de l’animation.

        
IV)  Contribuer au développement de l’économie sportive et touristique territoriale.
                 1) promouvoir le site comme un lieu d’attractivité touristique de la région,
                2) réaliser au sein du COPS, un plateau d’évaluation de la forme physique afin d’affirmer la dimension sport-santé,
                3) constituer un centre de ressources sportives et touristiques en liaison avec le parc naturel régional.

 
V) Moderniser le patrimoine.
                  1) rénover et mettre aux normes de sécurité et de confort les installations existantes,
                 2) mettre en place une signalétique interne et externe,        
                 3) revoir la répartition volumétrique des espaces et des circulations entre les usagers,  
                 4) créer de nouveaux équipements dans le cadre

  • d’une tranche intermédiaire de travaux engageant la réalisation d’un accueil commun, de la sécurisation externe et interne, d’un C.O.P.S et de salles spécialisées,
  • du prochain contrat de plan Etat/Région prévoyant notamment, la création sur site d’un hébergement complémentaire, d’une halle couverte d’athlétisme et d’un parking commun.

                 5) confier au CREPS la maitrise d’ouvrage des opérations nouvelles.
 
VI) Perpétuer et consolider le processus de coopération engagé
                  1) systématiser la comptabilité analytique et simplifier les relations conventionnelles entre les établissements qui composent le site
                  2) assurer la poursuite de la coordination du conseil de site par la désignation d’un référent
                  3) dégager une fonction de secrétaire général de ce conseil
                  4) envisager la fusion du patrimoine,
                  5) unifier la gestion des personnels ouvriers et de service
                  6) mettre en œuvre un projet d’établissement pour l’ensemble des personnels de la cité
                  7) doter la cité de l’excellence sportive d’un outil juridique de coopération et de pilotage.

        
VII) Informer et communiquer

1) créer une banque de données,
2) refondre le site internet du CNEA et réaliser un portail d’accueil commun de la cité de l’excellence,
3) créer un service d’accueil, d’information et de communication regroupant le markéting, la commercialisation et  l’accueil en recourant à des partenariats publics et privés,
4) inciter les fédérations sportives à fréquenter le site, par des conventions d’objectifs ciblées, dans le cadre d’une valorisation du patrimoine national et des obligations de service public,
 5) proposer au plan territorial, la même démarche au mouvement sportif régional et départemental, dans le cadre d’une politique concertée entre la DRJSCS, la commission territoriale du C.N.D.S  et le conseil régional.